Patients, Grand Corps Malade

Grand Corps Malade est un artiste né en 1977. Son vrai nom est Fabien Marsaud. C’est un slameur, poéte et interprète. Sa carrière se lance en 2005. Il a fait des duos avec Charles Aznavour et Francis Cabrel. Je vous avoue que j’ai beaucoup écouté son album Midi 20 qui m’a profondément touché à travers ses textes. Paroles du bout du monde ou bien 6ème sens m’ont particulièrement touchées. Dans cet album, il se dévoile par rapport à son accident où il a failli rester paralysé.
Patients.jpgC’est en 2012, qu’est publié son livre sur son accident par les éditions Don Quichotte. Il coûte 15€. Voici le résumé de l’éditeur :
« J’ai envie de vomir.
J’ai toujours été en galère dans les moyens de transport, quels qu’ils soient. J’ai mal au coeur en bateau, bien sûr, mais aussi en avion, en voiture… Alors là, allongé sur le dos à contresens de la marche, c’est un vrai calvaire.
Nous sommes le 11 août et il doit bien faire 35 degrés dans l’ambulance. Je suis en sueur, mais pas autant que l’ambulancier qui s’affaire au-dessus de moi ; je le vois manipuler des tuyaux, des petites poches et plein d’autres trucs bizarres. Il a de l’eau qui lui glisse sur le visage et qui forme au niveau du menton un petit goutte-à-goutte bien dégueulasse.
Je sors tout juste de l’hôpital où j’étais en réanimation ces dernières semaines. On me conduit aujourd’hui dans un grand centre de rééducation qui regroupe toute la crème du handicap bien lourd : paraplégiques, tétraplégiques, traumatisés crâniens, amputés, grands brûlés…
Bref, je sens qu’on va bien s’amuser. »

Encore une fois, c’est mon parrain qui me l’a offert et l’a acheté à la librairie Calligrammes de La Rochelle. Je l’ai lu en revenant sur Poitiers durant le trajet en voiture. Donc en 1h30 environ. Son style d’écriture est comme ses chansons. Très percutant avec beaucoup d’humour. Il me semble que c’est un des rares livres, si ce n’est le second après Nous sommes les oiseaux de la tempête qui s’annonce de Lola Lafon, que j’ai lu sur l’expérience de quelqu’un en hôpital. Et à la différence de Lola lafon, c’est une auto biographie. ce fut donc une première expérience. J’ai vraiment adoré. À travers son humour, on ressent son mal-être. Son choc après son accident soudain. Je précise qu’il est tombé dans le fond d’une piscine ce qui a déplacé ses vertèbres le rendant, selon ces médecins, tétraplégique à vie.

« Je suis devenu « tétraplégique incomplet » suite à un plongeon trop à pic dans une piscine pas assez remplie. »

« Personne d’autre ne sait mieux que moi aujourd’hui qu’une catastrophe n’arrive pas qu’aux autres, que la vie distribue ses drames sans regarder qui les mérite le plus. »

On comprend tout le courage qu’il faut pour s’adapter, retrouver l’envie de vivre et d’accepter ce qu’est son corps. Grand Corps Malade, grâce à la poésie et à la musique, va peu à peu se retrouver et reprendre espoir. Aujourd’hui, il marche avec une canne et ses médecins n’y pensaient pas lorsqu’il est arrivé à l’hôpital. Dans le livre, on voit tout son chemin qui le mène à vouloir se battre et lutter contre les clichés sur les handicapés. L’auteur se met vraiment à nu, il ne se cache pas. Je crois que cela m’a beaucoup émue. Sa chanson, 6ème sens, m’avait donné l’envie d’en savoir plus concernant sa vie il y a 5ans. Et coup de bol, son livre est sorti. Ce n’est jamais dans le pathos ou bien superficiel. Tous les mots sont justes, on sent que l’auteur a besoin aussi d’écrire. Ce besoin d’écriture est lié aussi au fait que c’est un poète mais je comprends le besoin d’écrire. C’est sa manière d’extérioriser son mal-être. Le fait qu’il choisisse d’en faire un livre montre aussi le besoin de sensibiliser les personnes à ces handicaps car nombreuses sont les personnes à se moquer en s’arrêtant à l’apparence.

« Votre fils ne marchera plus », voilà ce qu’ils ont dit à mes parents.
Alors j’ai découvert de l’intérieur un monde parallèle,
Un monde où les gens te regardent avec gêne ou avec compassion,
Un monde où être autonome devient un objectif irréel,
Un monde qui existait sans que j’y fasse vraiment attention.
Ce monde-là vit à son propre rythme et n’a pas les mêmes préoccupations,
Les soucis ont une autre échelle et un moment banal peut être une très bonne occupation,
Ce monde-là respire le même air mais pas tout le temps avec la même facilité,
Il porte un nom qui fait peur ou qui dérange : les handicapés.
On met du temps à accepter ce mot, c’est lui qui finit par s’imposer,
La langue française a choisi ce terme, moi j’ai rien d’autre à proposer,
Rappelle-toi juste que c’est pas une insulte, on avance tous sur le même chemin,
Et tout le monde crie bien fort qu’un handicapé est d’abord un être humain. »

Par ailleurs, son livre a été adapté au cinéma. Je ne suis pas allée le voir mais c’est dans ma liste de films à voir dès que possible. Voici la bande annonce : https://www.youtube.com/watch?v=A02Xmwng9OA.

Je vous le recommande vivement !

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